Meeting "Place à la gauche" à Charleroi : Discours de Marco Van Hees

Discours prononcé par Marco Van Hees au meeting "Place à la gauche" de lancement de la campagne du PTB-go! à Charleroi, ce samedi 5 avril 2014. Marco Van Hees est tête de liste PTB-go! à la Chambre dans la province du Hainaut en vue des élections du 25 mai prochain.

Camarades, vous permettez que je vous parle de ma belle-sœur ?

Cette semaine, ma belle-sœur a signé son contrat de travail. Super, hein ? Sauf que ça fait vingt ans qu'elle signe un contrat chaque semaine. 

Ma belle-sœur a une fille de 26 ans. Sans emploi. A la fin de l'année, elle perdra ses allocations d'insertion. Comme 50.000 autres. Et contrairement à ce que qu'affirme le Premier ministre, elle ne touchera rien du CPAS. C'est ma belle-sœur qui sera son CPAS. 

Vous savez que la lutte contre la pauvreté était une des priorités du gouvernement ? C'était même une des missions d'une secrétaire d'Etat "super social". Une certaine Maggie De Block... Résultat : 17 % de personnes en plus obligées d'aller au CPAS. Mais de l'autre côté, 5.700 millionnaires de plus en Belgique. 

En fait, Maggie De Block a lu Robin des Bois dans sa version originale, en anglais. Et à l'école, déjà, il y a deux petits mots anglais qu'elle confondait toujours : "rich" et "poor". Riches et pauvres. 

Le gouvernement a pris aux pauvres pour donner aux riches !

A propos de riches, vous permettez que je vous parle d'Albert Frère ?

Vous le connaissez sûrement. Il habite à 8 kilomètres d'ici. C'est la deuxième fortune de Belgique : trois milliards d'euros ! Vous savez d'où elle vient surtout, cette fortune ? D'avoir roulé l'Etat. Notamment ici, à Charleroi, avec la sidérurgie. Et vous savez quoi ? Il a recommencé ! L'autre jour, une journaliste brésilienne m'a téléphoné. La présidente du Brésil s'est fait rouler par Albert Frère : l'Etat brésilien lui acheté une raffinerie de pétrole 28 fois le prix ! Ce qui étrange, c'est qu'au Brésil, cela crée une grave crise politique, alors qu'en Belgique, Albert Frère reçoit le titre de baron. 

Il y a ses impôts, aussi. Le PTB l'a dévoilé : les sociétés d'Albert Frère payent peu d'impôt. Très très très très peu. Devinez combien elles ont payé sur un bénéfice de 3 milliards ? 152 euros. Et sur sa fortune personnelle, combien d'impôt paye Albert Frère ? Ben aucun, puisqu'il n'existe pas d'impôt sur la fortune en Belgique. Or, faites l'exercice : appliquez la petite Taxe des millionnaires du PTB-go rien qu'à la fortune de Frère. Ca rapporterait de quoi augmenter de 75 euros par mois cent mille pensionnés. 

Camarades, nous voulons une Taxe sur les 3 % les plus riches. Une taxe gratuite pour 97 % des gens. Pour financer les pensions. Pour financer l'enseignement. Pour financer l'emploi. Remettons Robin des bois à l'endroit !

Vous permettez que je vous parle d'un grand ami d'Albert Frère ? Le ministre Didier Reynders...

Je ne sais pas pourquoi, il paraît que je l'énerve. J'ai encore rencontré deux anciens membres de son cabinet qui me l'ont dit. Mes livres sur sa politique fiscale et sa politique bancaire ne lui ont pas trop plus. Mais lui aussi, dans son dernier livre, il parle de moi. Il prétend que je ne suis jamais au boulot, que je serais en congé politique. Si après le 25 mai, je suis vraiment en congé politique, comme député, et que je peux l'interpeller chaque semaine au Parlement, je vous promets que je vais l'énerver encore plus !

Vous permettez que je vous fasse un tour de magie ? 

Je me suis entraîné chez le plus grand magicien de Belgique. À Mons. Je ne sais pas si vous voyez : il porte souvent un nœud papillon. Il arrive même à se rendre invisible. Surtout quand des Afghans le cherchent... Je vous demande le plus grand silence : ce tour demande une grande concentration. [Marco Van Hees exécute le tour de magie : une boîte "Impôt sur la fortune" est recouverte d'un voile. Il donne un coup de baguette magique et quand on enlève le voile, la boîte indique "Intérêts notionnels".]

Vous voyez le problème avec ce genre de magiciens. Avant les élections, ils nous promettent un impôt sur la fortune et après les élections, on se retrouve avec des intérêts notionnels, un énorme cadeau aux multinationales. Le PS explique qu'il n'a pas pu faire passer l'impôt sur la fortune à cause du MR, mais quand le MR vient avec ses intérêts notionnels, le PS les vote. 

En 2008, Di Rupo m'avait invité à prendre le petit-déjeuner chez lui pour discuter de mon livre sur la politique fiscale de Reynders. Il m'a dit que le PS n'avait pas été assez vigilant sur ces questions, mais que ça changerait. Seulement, cinq ans plus tard, Di Rupo organise à nouveau un petit-déjeuner. Mais cette fois, ça se passe au forum économique mondial de Davos et les invités sont des grands patrons de multinationales. Et qu'est-ce qu'il leur vante ? Les intérêts notionnels ! Heureusement qu'il entretient son corps parce qu'il est dans le grand écart permanent entre discours et pratique.

Vous l'avez entendu à la télé, l'autre jour, Di Rupo : « Depuis que le PTB existe, ils n'ont rien fait. Le vote utile est le vote pour le parti socialiste.» Elio, tu nous parles de quel vote utile ? Le vote utile pour bloquer les salaires ou le vote utile pour exclure les chômeurs ?

Et donc, Elio, selon toi, le PTB n'aurait jamais rien fait...

Alors camarades, vous permettez que je vous parle d'un parti qui n'affaiblit pas la gauche, mais qui la renforce, le PTB-go ? 

Pendant neuf ans, le PTB a mené une guérilla incessante contre les intérêts notionnels. Au point qu'aujourd'hui, même Reynders n'ose plus trop les défendre. Et le PS, Ecolo ou le CDH demandent carrément leur suppression. A la Chambre, un député CDH a même critiqué les intérêts notionnels en citant les études du PTB. 

Depuis plus de dix ans, le PTB se bat pour le modèle kiwi, mis au point par notre médecin Dirk Van Duppen. Résultat : le prix de 700 médicaments a chuté et la facture est payée par les multinationales pharmaceutiques.

Pendant des années, le PTB a récolté 200.000 signatures pour faire baisser la TVA sur l'énergie. Et la TVA sur l'électricité est passée de 21 à 6%.

Et aujourd'hui, dans cette campagne, le débat politique se déplace à gauche grâce au PTB-go. Sans nous, vous pensez que le PS ferait de l'impôt sur la fortune l'une de ses principales revendications ?

Mais pour que ces promesses ne soient pas périmées le 26 mai, il faut des élus PTB-go au Parlement.

Je vais vous dire pourquoi le PTB-go est radicalement différent des partis traditionnels. 

Pour deux raisons.

D'abord, notre projet, ce n'est pas de se serrer la ceinture au 10e cran comme le veut le MR, ou 9e cran comme le veut le PS. Notre projet, c'est une société nouvelle où l'on part des besoins des gens. Un projet vacciné contre cette idéologie patronale qui a contaminé l'ensemble des autres partis. 

Ensuite, nous ne voulons pas des élus pour nous enfermer en chambre et pleurnicher ensuite que les autres ne veulent pas de nos propositions. Si le PTB-go veut envoyer des élus au Parlement, c'est pour qu'ils y soient le relais des luttes qui se mènent dans les rues, dans les usines, dans les quartiers. Là où se créent les vrais rapports de forces. Là où le PTB-go se trouve déjà chaque jour. Et où on ne voit jamais les autres partis !

Le 25 mai, faisons entrer la gauche au Parlement. La vraie !