Introduction: Vision globale

Le PTB part du principe qu’il faut une tout autre politique. Nous avons besoin d’un changement profond et pas de quelques arrangements. Le PTB est présent au conseil communal et parmi les gens, dans les entreprises et dans les quartiers. Nous ne nous contenterons pas de petites protestations par-ci par-là contre la politique néolibérale.

• Nous voulons une ville qui s’attelle réellement à bâtir des logements abordable et qui cesse de palabrer sur le sujet. Les nouveaux appartements construits par les sociétés Matexi, Wilhelm & Co ou Baio coûtent plus de 200 000 euros par appartement. C’est hors de prix pour la plupart des jeunes qui veulent s’installer. Ce n’est pas notre vision du logement abordable.
• Nous voulons une ville où le chiffre honteux d’une personne sur 3 qui vit dans la pauvreté aura réellement disparu. Une ville où chaque personne a un toit.
• Nous voulons une ville où tous les habitants sont pris en considération, une ville sans citoyen de second rang, sans peur, sans racisme et sans division.
• Nous voulons une ville neutre à l’égard du climat avec un avenir durable, où le climat n’est pas vu comme un problème pour l’industrie locale, mais où les opportunités sont envisagées comme solutions pour améliorer la qualité de vie. Nous voulons une ville sans problème de circulation, où la sécurité des piétons et des cyclistes est une priorité, tout comme le développement des transports publics, y compris pour se rendre au travail.
• Nous voulons changer radicalement la ville. Nous ne sommes pas intéressés par une redistribution des postes et du pouvoir. Nous ne sommes pas intéressés par une réorganisation des alliances. Ce qui nous intéresse, c’est de mettre en pratique notre vision de la ville. Pour pouvoir élaborer notre programme, nous avons organisé une Grande Enquête à laquelle ont participé 500 Louviérois. Jauger notre programme, impliquer les gens, cela fait partie de notre ADN.

La ville est le lieu où les citoyens vivent ensemble, où ils habitent, où ils travaillent et où ils se divertissent. Le mot « commune » vient du terme « communauté ». Une commune n’est pas un supermarché. Une administration communale doit veiller à ce que tous les habitants aient un logement décent, des conditions de vie décentes, qu’ils puissent se déplacer aisément et se divertir. Les besoins des habitants doivent être la priorité de la commune. Les néolibéraux ont pris la ville en otage. Ils l’ont rénovée, mais avec du béton. Il serait temps pourtant d’accorder plus de valeur aux gens. La ville appartient à tous les Louviérois et pas uniquement à ceux qui possèdent un gros portefeuille. Ce dont on a besoin, c’est d’une vision, une vision totalement différente, une vision publique.

Nous voulons des quartiers intégrés avec des logements abordables, des écoles de qualité à proximité et non à trente kilomètres de la maison, des maisons médicales sur le modèle de celles de Médecine pour le Peuple. Des quartiers où réapparaissent les bureaux de poste, les bibliothèques, les maisons de jeunes, les espaces verts et les aires de jeux. Soyons clairs, nous avons le choix entre deux visions diamétralement opposées. Une vision commerciale qui donne la priorité au béton et au privé. Et une vision publique qui donne la priorité aux gens et à une plus grande justice fiscale. Là est tout l’enjeu des élections. Quelle est la vision la mieux adaptée à notre vingt-et-unième siècle : la ville vénale ou la ville à échelle humaine ?

Pour nous, le choix est fait. Ce sera la ville à échelle humaine.

Que nous apprend l’histoire de La Louvière ?

L’histoire de notre ville montre que les espaces dans la commune de La Louvière sont depuis toujours un champ de bataille. D’un hameau avec quelques fermes, la ville s’est transformée pour accueillir les bourgeois qui occupent leurs châteaux dans le centre-ville. De l’agriculture aux mines, aux usines Boch et Boël,aux châteaux des patrons proches, aux parcs privés en plein centre-ville, de la cité de Bois-Du-Luc créée pour répondre au besoin du patron, ... Chaque couche de la population se bat et défend ses intérêts dans la ville.

En 1973, une crise économique éclate provoquant de nouveau un chômage massif. Les villes sont confrontées à de nouveaux problèmes. Elles doivent faire face à un important taux de pauvreté. Dans les années quatre-vingt, leurs images se ternissent encore un peu plus, elles deviennent des ghettos, un concentré de criminalité, de pauvreté, de misère et de chômage, avec une administration politisée et un service public bureaucratisé. Dans ces années-là, l’accès aux infrastructures publiques dépend souvent des connexions politiques et des cartes de parti. Un changement de politique urbaine s’impose donc. Au départ, l’accent est mis sur le développement de quartiers intégrés, la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales. Mais au début des années 2000, les choses changent. Une vague néolibérale déferle sur la ville avec une tout autre vision. Les villes doivent désormais accroître leur prospérité en devenant compétitives. Autrement dit, elles doivent entrer en concurrence les unes avec les autres. Dans tous les partis, sur cette vision néolibérale s’impose, cette vision marchande de la ville est désormais de bon ton. Cette vision marchande implique une concurrence entre les villes — y compris au niveau international — à coup de grands projets, et au travers de campagnes promotionnelles faisant valoir leurs atouts sur les plans résidentiel, commercial et touristique. La ville n’hésite pas à vendre ses espaces et ses terrains aux promoteurs privés à qui elle confie les commandes. Ce sont eux qui vont faire prospérer les villes... mais surtout leur portefeuille ! Avec leurs constructions prestigieuses, ils vont attirer une « nouvelle classe moyenne »,et appâter les grandes entreprises et prestataires de services financiers pour les convaincre de s’implanter dans les parcs d’activités et zonings. Une fois encore, les riches s’enrichissent, tandis que les pauvres s’appauvrissent. Quant aux plus démunis, ils sont repoussés à la périphérie.

Pourquoi toutes les villes se ressemblent-elles ?

Les villes se livrent une concurrence acharnée à coups de campagnes marketing très coûteuses. Chaque ville veut sa nouvelle rue commerçante ou son nouveau complexe commercial, sa nouvelle gare, sa nouvelle tour de police. Plus c’est grand, mieux c’est ! Gagner en prestige avec l’argent public. C’est à cause de cette vision concurrentielle néolibérale que toutes les grandes villes finissent par se ressembler. Mêmes grandes enseignes dans les mêmes rues commerçantes et mêmes quartiers de musées rénovés. Plus les forces du marché sont présentes, plus l’absence de diversité, de variété, de créativité est grande, avec partout une uniformité manifeste.

Les investisseurs ont redécouvert la ville. Aujourd’hui, ce sont eux qui mènent la barque grâce à leurs énormes capitaux. Investisseurs et spéculateurs ont des milliards en réserve. Un placement à la banque ne les intéresse pas, car cela ne leur rapporte plus rien et acheter des actions est devenu trop risqué. Investir dans l’immobilier urbain, au contraire, s’avère un « bon placement ». Investir dans la ville est aujourd’hui beaucoup plus rentable, c’est ce qui explique pourquoi les groupes financiers achètent autant d’immeubles. Les années fastes sont de retour pour les promoteurs. Mais face à ces prix démesurés et excessifs, une importante partie des habitants se voit éjectée de la ville, vers les anciennes communes périphériques où les investissements en rénovation sont nettement moins grands. C’est à partir de ce point de vue que le PTB est le seul parti qui s’est opposé depuis le début à la Strada, pour protéger les intérêts des habitants et des petites commerçants. Toute la saga Strada donna raison à la vision du PTB. La majorité a fait voté un texte d’accord avec Wilhelm & Co. Ce texte a été distribué 1h avant le vote au conseil communal, parc que c’était trop délicat de le distribuer avant. Les intérêts de Wilhelm & Co ne s’embarrassent pas de la démocratie... Les services de la ville de La Louvière se transforment profondément. D’une part, de plus en plus de services sont payants. Parfois, comme les déchets, entièrement payés en supplément de nos impôts (via la taxe, le prix des sacs,...). D’autre part, dans les services communaux, il y a une diminution du personnel. En effet, là où c’est possible, la ville fait de plus en plus appel aux sociétés privées pour ce qu’elle faisait elle-même avant.

Suite à la baisse des rentrées en taxes industrielles, à l’appauvrissement des habitants, et à la diminution du fonds des communes ces dernières décennies, la ville de La Louvière s’est considérablement appauvrie. Aujourd’hui, la Région Wallonne impose à la ville le remplacement d’une seule personne sur trois qui partent à la pension pour faire des économies. Economie... alors que notre pays n’a jamais été aussi riche... Nous voulons une ville multiculturelle. La diversité des habitants de La Louvière est une richesse précieuse pour la ville.

Nous voulons des quartiers intégrés car le droit à la ville intègre le droit au logement, le droit aux soins de santé, le droit à l’enseignement, le droit au travail, le droit à la culture, le droit à la participation et à l’espace public. Il faut substituer le tissu social à la soif du gain et du prestige. Nous sommes pour une rénovation et une revalorisation de la ville basées sur une logique publique. Ce que nous défendons, c’est un renouvellement intégré. Ce qui implique qu’en plus des espaces verts et des places, on se focalise aussi sur les besoins des habitants. Un quartier intégré est un quartier où les logements sont abordables, où les soins de santé sont accessibles et abordables, où l’enseignement est accessible, abordable et convenable. Un quartier avec des infrastructures publiques en suffisance et proches des gens : bibliothèques, piscines, crèches, plaines de jeux, infrastructures sportives et culturelles, espaces verts... Un quartier avec des services sociaux de proximité, avec des services d’utilité publique, par exemple des parcs à conteneurs gratuits, des services de transport abordables et, à nouveau, des bureaux de poste et des agences bancaires.

Un quartier intégré, c’est donc pour nous un quartier avec :
• une école de qualité;
• des logements accessibles à la grande majorité des citoyens (en offre diversifiée incluant des logements sociaux de qualité, des logements à louer abordables, des logements neufs abordables);
• l’accès au gaz, à l’eau et à l’électricité pour tous (interdiction de coupure)
• un médecin généraliste, un dentiste et un pharmacien (pour des soins de première ligne de qualité et bon marché);
• un bureau de poste (avec accès Internet), une agence bancaire publique et un distributeur automatique de billets;
• des espaces verts et des aires de jeux en suffisance;
• une maison de quartier accessible avec des services à la population
• des cercles et maisons de jeunes;
• un parc à conteneurs gratuit et un service d’enlèvement des déchets adéquat;
• des agents de quartier qui habitent le quartier et connaissent réellement les habitants;
• une infrastructure de proximité : une bibliothèque de quartier, éventuellement une laverie communale;
• des transports publics, un service public de vélos partagés et un service public de voitures partagées;
• des petits commerces : coiffeur, boulanger, épicier...

Prêt.e pour la grande vague du changement social ?